Livre

L’entreprise en partage. L’Artésienne à Liévin, chronique d’une coopérative pas comme les autres
Philippe Grycza et Félix Torres
EPH-Editions Public Histoire / ScopEdit, 2007

« Il se peut que vous soyez déçus, si vous échouez, mais vous êtes condamnés si vous n’essayez pas », Beverly Sills.

 

Une histoire de Scop

 

Le 4 novembre 1967, un groupe d’ouvriers typographes créait au cœur du bassin minier de Liévin une société coopérative ouvrière d’impression, L’Artésienne. Comme le résument aujourd’hui ses fondateurs : « Notre projet était que l’outil de production appartienne aux salariés et notre métier le moyen de le réaliser. Une charte a été établie entre nous : une entreprise économiquement saine au service des hommes. » Chez l’Artésienne, d’hier à aujourd’hui, le capital est détenu par l’ensemble des salariés, il est variable et chacun est associé aux grandes orientations de l’entreprise.

 

40 ans après sa fondation, installée à Liévin, Lille et Paris, L’Artésienne est devenue une entreprise moderne d’une soixantaine de salariés et d’une dizaine de millions d’euros de chiffre d’affaires, ancrée dans le dynamisme économique de la région Nord Pas-de-Calais Une imprimerie nordiste de taille moyenne, une histoire d’entreprise comme il en est tant ? Pas tout à fait. L’Artésienne a d’abord su durer, se moderniser – de l’introduction de l’offset, parmi les premières entreprises de son département aux techniques d’impression actuelles les plus modernes –, elle a connu des hauts et des bas – à l’image du plan de licenciement de 2005 –, elle a su renouveler, donc perpétuer l’esprit coopératif des fondateurs, elle a contribué à enrichir l’histoire du mouvement coopératif : arrêt « Villerval » en 1982 selon lequel tout membre d’une Scop doit en être le sociétaire ; double expérience originale de partage du temps de travail : ramené de 39 à 33 heures en 1996 ; revenu à 38 heures depuis 2006, etc.

 

Le parcours de l’Artésienne démontre que l’économie sociale non marchande, qui connaît actuellement un net regain d’intérêt, ne se limite plus à l’Etat et aux collectivités locales. Cette économie ni capitaliste, ni publique, fondée sur des principes démocratiques, apporte la preuve que notre société ne se résume pas à une collection d’individus à la recherche de leur seul intérêt personnel, elle fait pénétrer le collectif et l’idée d’économie solidaire dans le monde de l’entreprise moderne. Voilà qui rend passionnante la lecture de L’entreprise en partage, une  histoire économique collective au pluriel, qui interroge la destinée d’un projet à la fois coopératif et d’entreprise : comment prendre ses affaires en main ? durer et investir ? peut-on grandir industriellement et commercialement sans affaiblir l’esprit initial ? dans quelle mesure redistribuer les richesses crées ? Ce livre d’histoire nous aide à décrypter les logiques (sinon les conflits) qui gouvernent un tel projet. D’où en définitive une question clé, lourde d’implications : le sociétariat et l’esprit coopératif sont-ils compatibles avec le changement et l’esprit d’entreprise tout court ?...

 

 

Le livre

Broché, 14,4 x 24 cm, 270 pages, 50 illustrations, tirage de 4 000 exemplaires.

Préface de François Espagne, secrétaire général de la Confédération des Scop de 1966 à 1991 ; postface de Claude Vieu, ancien directeur de la Verrerie ouvrière d’Albi, fondée par Jean Jaurès.

ISBN : 978 – 2 – 9510840-4-9       Prix : 18 €.

 

Sommaire

Préface de François Espagne

L’Histoire d’une entreprise coopérative vaut-elle la peine d’être vécue ?

1. Liévin, 4 novembre 1967

2 L’Artésienne… avant l’Artésienne 

3 Une Scop au coeur de mai 68

4 Le choix de l’offset

5 La coopérative, pour quoi faire ?

6 Le changement nécessaire

7 Pour voyager, il faut un itinéraire

8 Le défi de la modernisation et de la réduction du temps de travail

9 Crise et nouveau départ

Annexes

« Relecture d’un parcours pas comme les autres », par Claude Vieu

 

Pour en savoir plus sur l’Artésienne = http://www.artesienne.com

 

 

« Voici que paraît un bel ouvrage sur l'une des acteurs coopératifs emblématiques du Nord – Pas-de-Calais-, la SCOP d'imprimerie L'Artésienne à Liévin. Ce livre paru à l'occasion des quarante ans de la coopérative en 2007 s'intitule L'entreprise en partage, L'Artésienne à Liévin, chronique d'une coopérative pas comme les autres, aux éditions Public Histoire / Scop Edit. La "petite" histoire de la coopérative (adaptation aux législations nouvelles, affaire Willerval, qui raffermit le lien entre emploi et sociétariat, lien avec le mouvement SCOP, etc.) côtoie l'histoire économique et sociale des quatre dernières décennies. L'Artésienne naît dans un cinéma de Liévin à l'initiative de militants de la nouvelle CFDT et dans un contexte pré-1968 (autogestion, aventures communautaires, fermeture d'usines et de mines). Elle croise ensuite le renouveau de l'économie sociale après mai 1981 puis, à la fin du siècle, les défis de la réduction du temps de travail.

 

Si les premiers chapitres de L'entreprise en partage font une large place aux débats internes liés à la mise en place d'un modèle qui reste nouveau en 1967, les suivants montrent une implication de plus en plus grande des associés dans les enjeux techniques et économiques, avec le passage du plomb à l'offset, puis à la PAO. A l'origine, l'Artésienne a obtenu ses premières commandes avec du matériel électoral ; puis les clients se sont diversifiés. Aujourd'hui, ceux-ci lui réclament d'abord de l'efficacité, qui devient la condition pour faire vivre l'aventure coopérative. L'ouvrage, accompagné d'illustrations, n'évite pas les périodes plus sombres au cours desquelles l'entreprise fut à deux doigts de mettre la clef sous la porte. Cette authenticité est due au travail minutieux dans les archives et auprès des coopérateurs des deux historiens auteurs de L'entreprise en partage, Philippe Grycza et Félix Torres, du cabinet Public Histoire. » (Economie solidaire, 22 février 2008).

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http://www.tessolidaire.com/PAR_TPL_IDENTIFIANT/338/TPL_CODE/TPL_VULU_FICHE/PAG_TITLE/L%27entreprise+en+partage,+L%27Art%E9sienne+%E0+Li%E9vin/1532-economie-sociale-et-solidaire.htm

 

 

« Le cheminement d’une coopérative ouvrière de production n’est jamais un long fleuve tranquille ! Sur son cours, elle est menacée par les hauts fonds, les rapides, les écueils. Les obstacles les plus dangereux sont ceux qui se préparent lentement, par le refus ou l’incapacité de procéder à des remises en cause permanentes, dans les coopératives, par la désimplication conduisant à faire porter par quelques uns, et d’abord par les élus, la responsabilité des inévitables déceptions issues de la marche du monde réel. (…)

 

Que faire d’autre, sinon lutter sans relâche pour affirmer, mais aussi savoir renouveler au quotidien, l’idéal de la coopération, comme le fait avec talent depuis quarante ans l’Artésienne ? Dans le message qu’il avait prononcé le 1er mai 1901 lors de l’inauguration de l’imprimerie coopérative l’Emancipatrice, Anatole France avait résumé l’enjeu de la recherche de ce qu’il y a de mieux dans l’homme : (…) "Vous avez voulu établir la justice en un point du Vieux Monde, vous avez voulu que parmi vous le fruit du travail fut équitablement réparti. C’est une entreprise belle et difficile. Prenez garde, vous vous êtes mis en dehors de l’ordre commun, vous vous êtes condamnés à la vertu à perpétuité." » (préface de François Espagne).



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