Livre

Médecine de l’atome. L’histoire de la santé au travail au CEA et à la COGEMA
Véronique Lefebvre
Le Cherche Midi / Public Histoire, 2005

L’objectif

Alors que la santé occupe une place centrale dans les questions sur l'avenir du nucléaire, retrouver et retracer la mise en place d’une doctrine et d’une politique de surveillance et de radioprotection élaborée dans le cadre de la médecine du travail.

 

L’approche

Associée à la mort et à la destruction depuis Hiroshima et Nagasaki, l’énergie nucléaire fascine et effraie tout à la fois. L’un de ses aspects les plus redoutables – et les plus redoutés parce qu’invisible – est l’exposition aux rayonnements ionisants. C’est l’un des aspects les plus discutés entre partisans et opposants au nucléaire. En s’intéressant à l’histoire de la radioprotection en France, Véronique Lefebvre apporte un très intéressant document à ce débat. Faisant la part des craintes injustifiées et des risques réels, son ouvrage dévoile en effet un aspect peu connu du secteur nucléaire en France : l’histoire de la santé au travail au Commissariat à l’Energie Atomique et à la Cogema.

Si la découverte de la radioactivité – et de ses dangers - remonte à la fin du XIXe siècle, c’est surtout avec la maîtrise de l’énergie nucléaire que le concept de radioprotection a pris toute sa mesure. Dès sa création en 1945, l’une des premières préoccupations du CEA a été de mettre en place une politique de surveillance et de protection pour ses personnels. Médecins et biologistes ont dû faire face à des conditions d’exposition aux rayonnements ionisants jusqu’alors peu répandues et mal connues, mettre au point des mesures de protection appropriées, des techniques de surveillance performantes… Petit à petit, l’expérience accumulée a permis de développer une véritable doctrine de radioprotection fondée sur la prévention des risques et le suivi sanitaire.

Dans les années 1970, une fois les grands principes de la surveillance nucléaire établis et encadrés par la législation, la médecine du travail au CEA instaure une politique commune à tous les services médicaux présents sur les sites nucléaires civils et militaires. Depuis les années 1990, alors que les questions de santé et le principe de précaution prennent toujours plus d’importance, la médecine du travail au CEA et à la Cogema s’efforce d’anticiper ses missions futures, dans le cadre par exemple du démantèlement programmé des installations nucléaires et de l’assainissement radioactif de certaines zones.

Mettre en place une politique de surveillance et de radioprotection pour son personnel exposé aux radiations ionisantes, c’est la grande œuvre des services médicaux et des laboratoires qui vont chercher à concilier une approche spécifique au nucléaire avec le principe général de la médecine du travail. Comment s'est forgée une véritable doctrine de radioprotection ? Sur quels principes et avec quelles méthodes ? Comment la médecine du travail a évolué au gré du progrès des connaissances ? C'est à toutes ces questions que cet ouvrage tente de répondre. Au-delà d’une histoire de la radioprotection, Médecine de l’atome raconte aussi une aventure humaine, celle d’hommes et de femmes responsables, engagés dans la recherche et la mise en œuvre des moyens les plus efficaces pour assurer aux personnels concernés une protection maximale contre les rayonnements ionisants, sans laquelle l’usage du nucléaire ne pourrait se concevoir. Une histoire passionnante, que met en valeur – sans prendre le pas sur elle, comme le font trop d’ouvrages dits de « communication » – une belle iconographie en noir et blanc et une mise en page originale et de belle tenue.

 

Le livre

Broché avec rabats, 23,5 cm × 26,5 cm, 128 pages, tirage : 3 000 exemplaires.

ISBN : 2-74910-452-1  Prix : 24 €



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