Livre

Chooz de A à B. Une histoire de la filière à eau pressurisée chez EDF
Véronique Lefebvre et Félix Torres
Public Histoire, 1996, 1997 et 2003

L’objectif

Alors que s’achève le programme nucléaire français et que s’expriment quelques inquiétudes internes, exprimer et formaliser la mémoire collective de la direction de l’Equipement d’EDF pour « tourner la page » et continuer à aller de l’avant.

 

L’approche

Le programme nucléaire français est aujourd’hui l’un des premiers au monde, l’un des plus performants en termes de disponibilité, de rentabilité et de sûreté des installations. Comment EDF s’est-elle donnée les moyens humains, techniques et organisationnels pour atteindre un tel degré de fonctionnement ?

 

Dès 1954, EDF percevait l’intérêt de la production d’électricité d’origine nucléaire et s’associait avec le Commissariat à l’Energie Atomique (CEA) pour développer des réacteurs selon la filière graphite-gaz-uranium naturel (UNGG). Parallèlement, soucieuse de productivité, l’entreprise publique s’intéressait à ce qui se déroulait outre-Atlantique et choisissait d’expérimenter le procédé industriel des réacteurs à eau pressurisée (PWR) de Westinghouse, qui allait se révéler l’un des plus fiables et et performant, et devenir le plus répandu partout sur le globe. Cet engagement précoce va permettre à EDF, des années 1960 aux années 1970, de franciser avec succès le PWR, qui allait constituer la totalité des 58 réacteurs du grand programme nucléaire français en 1973-1974 par Georges Pompidou et Pierre Messmer. En 1978, il devenait le REP, pour réacteur à eau pressurisée.

 

EDF, notamment au sein de la direction de l’Equipement, a développé une approche d’entreprise intégrée – notion d’architecte industriel –, en mettant en place les grands principes qui vont faire le succès du parc nucléaire français : massivité, standardisation (tranches identiques plutôt que centrales autonomes), montée en puissance par paliers, principe du retour d’expérience (REX) du parc en exploitation, etc. C’est cette exceptionnelle histoire industrielle, celle de la francisation et de la mise en application de la filière à eau pressurisée, des réacteurs de 900 MW (CP1 et CP2) à ceux de 1 300 MW (P4 et P’4), puis de 1 400 MW (N4) qu’analyse et retrace, de façon détaillée, Chooz de A à B, avec l’aide de nombreux documents et témoignages internes. La volonté des acteurs de l’Equipement d’EDF, leurs interrogations, leurs innovations méthodologiques et technologiques, au travers du développement d’un savoir-faire hautement reconnu sur le plan international, sont ici exprimés et reconstitués, formant une véritable mémoire technique et organisationnelle, devenue un classique du genre.

 

Hasard et symbole, ce récit passe deux fois par Chooz, berceau de la centrale des Ardennes, le premier PWR construit en France en 1960 sous licence américaine, aujourd’hui Chooz A (désormais en cours de démantèlement), et du premier réacteur de licence entièrement française, trente ans plus tard, Chooz B. Entre temps, 58 tranches nucléaires auront été construites, dont les trois emblématiques « tête de série » qu’’ont été Tihange, Fessenheim et Bugey, sans oublier Paluel, Flamanville ou Civaux.

 

Le livre

Broché, 17 x 24 cm, 254 pages, 200 illustrations et schémas, tirage : 5 000 exemplaires (pour la version française). Version française : 1996 ; version anglaise : 1997 ; version chinoise : 2003.

 

Sommaire

Préface de Pierre Bacher

Avant-propos

Aux sources de la filière PWR

1. Du Nautilus à Euratom

2. De Chooz à Tihange, l’apprentissage du PWR

Le nucléaire à marche forcée

3. Le palier 900 MW, de la technologie américaine au programme nucléaire français

4. Le palier 1 300 MW, un palier d’avance

La maîtrise d’un métier et d’une filière

5. Le palier N4, préparer l’avenir du programme électronucléaire français

6. Daya Bay, le tournant international

7. La maîtrise d’un métier

Le nucléaire civil français, une efficacité industrielle

 

 

Annexes

Schéma de l’évolution historique des unités nucléaires de l’Equipement

Lexique technique et organisationnel

 

 

LETTRE D’YVES COUSIN, DIRECTEUR DE L EQUIPEMENT,

AUX AGENTS DE LA DIRECTION DE L'ÉQUIPEMENT, 18 SEPTEMBRE I990

 

« L’Équipement a mobilisé et organisé l'essentiel de ses forces depuis quinze ans pour relever avec le succès que l'on sait le défi d'un programme nucléaire unique au monde. Un redéploiement est désormais indispensable.

EDF en a besoin. Au défi du premier Equipement qui subsiste, certes moins en termes quantitatifs mais de façon toujours aussi vitale en termes qualitatifs (N4), s'ajoute aujourd'hui celui de la maintenance de notre parc. L'Équipement est au cœur de cet enjeu [...] Bien que nécessaire, cette évolution a suscité des inquiétudes et s'est heurtée à des oppositions qui n'ont pas été apaisées par la concertation qui a été menée depuis deux ans et les aménagements qui ont été apportés aux projets initiaux. Je prends la responsabilité de ne plus retarder la mise en route d'un processus indispensable.

Notre stratégie est la seule permettant à l'Équipement de remplir pleinement toutes ses missions et de saisir toutes les opportunités dans une nouvelle phase de son histoire. »

 

 

 

Chooz de A à B, Note de Retour d’Expérience EDF, 28 mars 1997

 

« Ce livre a été très bien accueilli en interne de la direction de l’Equipement, mais aussi par les organismes de formations interne EDF liés au nucléaire. De même, il s’agit d’un bon outil de promotion auprès des journalistes spécialisés dans le domaine de l’énergie. Enfin, c’est un cadeau apprécié par les entreprises partenaires d’EDF dans le programme nucléaire : Framatome, GEC Alsthom, CEA, Sema Group...

 

La règle a été de faire la promotion du livre par voie d’affiches et avec la lettre d’information interne à la Direction de l’Equipement. Un grand article-débat est également paru dans Equipement 2000. Nous n’avons pas eu de commentaire défavorable des lecteurs (…). Le style dynamique, la forme illustrée du livre ont beaucoup plu. (…)

 

Le lectorat s’est composé d’abord des acteurs de la période concernée. Puis les plus jeunes, sans doute attirés par la réaction très favorable des anciens, se sont reconnus dans l’ouvrage : ils sont venus le chercher et ils l’ont lu. Le lectorat, enfin, concerne tous les niveaux, depuis les directeurs jusqu’aux secrétaires et techniciens. A ce jour, sur les 5 000 exemplaires du livre distribués à partir de juillet 1996, il n’en reste plus que 400. Les demandes continuent cependant. Il est utile d’avoir ce type de document qui ne se démode pas rapidement, à portée de main pour des visiteurs, des partenaires, qui l’apprécient toujours. Pour conclure, une version anglaise et peut-être une version chinoise destinées à l’international sont en cours de préparation. »



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