Livre

Immigrer en France - De l'ONI à l'OFII, histoire d'une institution chargée de l'immigration et de l'intégration des étrangers, 1945-2010
Boris Dänzer-Kantof, Véronique Lefebvre et Félix Torres, préface de Dominique Paillé
Le Cherche-Midi, 2011

L’objectif

 

Après un premier document réalisé par Public Histoire en 1995, retrouver et retracer le parcours de l’institution chargée de l'immigration et de l'intégration des étrangers en France pour son 65e anniversaire.

 

 

Le récit

 

Après la Seconde Guerre mondiale, les pouvoirs publics mettent en place un système de régulation des flux migratoires. L'office national de l'immigration est né et, avec lui, un établissement public dont les appellations changeront au cours des décennies suivantes : ONI, OMI, ANAEM, OFII depuis 2009. L’ordonnance du 2 novembre 1945 créait l’Office national d’immigration (ONI) et le charge à titre exclusif de « toutes les opérations de recrutement et d’introduction en France de travailleurs originaires des territoires d’outre-mer et des étrangers, du recrutement en France des travailleurs de toutes nationalités pour l’étranger ». Après quelques tentatives amorcées avant la guerre, les pouvoirs publics parviennent à mettre en place un système de régulation des flux migratoires directement sous contrôle étatique.

 

Au sortir de la guerre, l’importance des besoins de main-d’œuvre oriente toute l’activité de l’ONI vers la reconstruction de la France. L’organisme public se transforme en vaste bureau d’embauche pour fournir de la main-d’œuvre à tous les secteurs de l’économie française : agriculture, mines et sidérurgie, bâtiment… À partir des années 1960, le gouvernement français, soucieux de trouver de nouveaux pays de recrutement de main-d’œuvre, signe six accords avec de nombreux pays prévoyant l’implantation de missions de recrutement de l’ONI qui gère depuis les missions toutes les opérations de sélection, de recrutement, de contrôle médical des travailleurs étrangers et assure leur acheminement vers la France. Au cours des années 1970, la conjoncture économique européenne se modifie durablement entraînant la plupart des pays européens à suspendre l’immigration permanente. LOffice  devient l’une des pièces maîtresses de la nouvelle politique visant à améliorer l’intégration des immigrés installés en France, une fonction essentielle au moment où le thème de l’immigration émerge comme un enjeu politique majeur.

 

L’établissement, rebaptisé en 1988 Office des migrations internationales (OMI), voit ses attributions confirmées à l’heure où s’accentuent la mondialisation et les flux migratoires en tout genre qui l’accompagnent. La création en 2005 de l’Agence nationale de l’accueil des étrangers et des migrations (ANAEM), qui fusionne l’OMI et le SSAE (Service social d’aide aux émigrants issu en 1932 du Service international d’aide aux émigrants né en 1924) au sein d’une même agence traduit la montée progressive des notions d’accueil et d’intégration, au fil des missions sans cesse croissantes attribuées par l’État au travers de la nouvelle tutelle du ministère de l’Immigration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire. En 2009, la création de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII), dont les activités qu’il prend en charge ne cessent de croître, consacre une « longue marche institutionnelle », la globalisation des missions de l’immigration et de l’intégration en France à un seul opérateur, entièrement dédié à cette tâche.

 

Le parcours passionnant de l’institution chargée de l’immigration en France était peu connu. D’où les enjeux et les objectifs de cette histoire de l’OFII, qui a croisé recherche archivistique et documentaire, programmes d’entretiens et visites de sites en France, rencontres à l’international, en Tunisie, au Mali et en Roumanie notamment. Il s’agissait de retrouver et de transmettre une histoire institutionnelle précieuse, au cœur de l’une des grandes problématiques cruciales de l’identité nationale, l’immigration et son corollaire désormais obligé, l’intégration. En inscrivant ce parcours multiple dans l’évolution des grands enjeux de l’immigration, hier fortement tournée vers la venue de main-d’œuvre et l’accueil de réfugiés, aujourd’hui axée autour de l’objectif de l’intégration. Étroitement liée à l’évolution des politiques relatives à l’immigration en France tout en étant marquée par l’originalité de son identité institutionnelle, l’histoire de l’Office reste plus que jamais en construction : elle continue de s'écrire jour après jour.

 

 

Le livre

Broché avec rabats, 25,1 cm × 28 cm, 256 pages, 230 illustrations, tirage : 5 000 exemplaires, préface de Dominique Paillé.

 

ISBN : 978-2-7491-1886-4  Prix : 28 €.

Sommaire

Introduction : OFII, une histoire plurielle, un devenir en construction

1. La genèse d’une politique d’organisation et de contrôle de l’immigration

2. 1945-1955 L’ONI, la mise en place du monopole étatique du recrutement des travailleurs immigrés

3. 1956-1970 Recruter à marche forcée pour la croissance

4. 1970-1986 La fin des grands flux migratoires, de nouvelles missions pour l’ONI

5. 1988-1997 Quel avenir pour l’OMI ?

6. 1997-2001 De nouvelles missions plus sociales

7. 2001-2005 Au service d’une nouvelle politique de l’intégration

8. 2005-2009 De l’ANAEM à l’OFII, créer un opérateur public de l’accueil et de l’intégration

Conclusion : Les compétences multiples d’un opérateur global au service de la politique migratoire de la France

 

 

« Notre histoire » sur le site de l’OFII :

http://www.ofii.fr/qui_sommes-nous_46/notre_histoire_22.html

 

« Le système a connu depuis différents noms : ONI, OMI, ANAEM et aujourd’hui OFII pour Office français de l’immigration et de l’intégration, chargés de « réguler les flux migratoires ». Une institution qui raconte son histoire avec ce livre qui mêle textes, photos et documents d’époque. De tout temps, elle a été chargée de contrôler l’immigration : d’abord celle des ‘immigrants étrangers’ qu’elle était chargée de recruter puis celle du social qu’elle devait réguler. Dans les années 1970, fermeture des frontières oblige, l’organisme se charge des premières aides au retour, Depuis 2007, comme l’explique dans la préface son président Dominique Paillé, elle est la ‘cheville ouvrière de la politique d’immigration voulue par l’État’. Une histoire méconnue qui montre que le contrôle est une constance dans le traitement réservé aux immigrés par la France. » (l’humanité.fr, 1er juillet 2011).



CONTACT

(33) 1 60 75 85 61
51, rue du Maréchal de Lattre de Tassigny
91450 Soisy-sur-Seine
felixtorres@public-histoire.com


BHInternet - 2017