Livre

L'envol des cigognes. Histoire du groupe EMC
Félix Torres
Albin Michel, 1999

« En 2004, l’exploitation du minerai de potasse alsacien cessera. L’heure n’est toujours pas à la nostalgie. Elle est à la transmission du patrimoine, car si les gisements s’épuisent toujours, les traces qu’ils ont laissées dans les paysages et dans les mémoires ne s’effacent pas si facilement…

EMC, ce logo étrange qui semble fait pour se soustraire aux feux de la rampe et défier la mémoire, désigne en fait une entreprise fort originale. (…) EMC est née alsacienne, baptisée jacobine, confirmée libérale. (…) Etablissement public conçu pour devenir un ‘champion’ national dans la fabrication et la commercialisation d’engrais ou de produits chimiques, elle est baptisée jacobine. Appelée à devenir une holding chargée d’émanciper ses filiales les plus actives, elle était destinée à devenir libérale. A lui seul, le groupe EMC incarne les spécificités de l’industrialisation à la française qui se présente comme un modèle de compromis entre les appels du marché et la protection des hommes, une heureuse synthèse entre les logiques de l’Etat et les aspirations des ‘pays’.

Fidéliser la main d’œuvre, stimuler la promotion interne, ne pas dissocier qualités esthétiques et esprit commercial avec les très belles affiches vantant la potasse d’Alsace, tells sont les vertus ‘rhénanes’ que lèguent les sociétés des anciennes provinces perdues aux Mines domaniales de potasse d’Alsace. Des vertus qui ont hissé les Mines au rang des entreprises françaises les plus performantes.

Cette société française aux accents belges avec sa filiale Tessenderlo est finalement restée fidèle à l’esprit de ses origines. Européenne avant l’heure, modestement  fidèle à ses métiers, elle sait que le redéploiement nécessaire de ses activités ne peut se faire que dans le respect de sa mémoire. », Jacques Marseille, professeur à l’université de Paris-I Sorbonne.

 

L’objectif

Peu de temps avant sa disparition programmée, le groupe EMC, issu des mines de potasse d’Alsace, a souhaité retrouver et retracer son parcours européen riche et pluriel depuis le début du XXe siècle, afin de me mettre en lumière un destin original que prolonge l’aventure de ses grandes filiales, devenues des sociétés indépendantes : c’est l’envol des cigognes.

 

L’histoire

Au cœur de l’été 1904, deux pionniers alsaciens, Joseph Vogt et Amélie Zurcher, découvrent le gisement de potasse alsacien au pied des Vosges, au nord-ouest de Mulhouse, dans ce qui est alors le Reichland d’Alsace-Lorraine. Un siècle plus tard, celui-ci arrive à épuisement, la dernière des mines de potasse d’Alsace, le puits Amélie, foré d’avril 1909 à décembre 1909, mis en activité en 1910, ferme définitivement ses portes le 10 septembre 2002… Entre-temps, cette découverte inattendue a suscité une superbe histoire, humaine et technique. Des puits surgissent, la communauté du bassin potassique voit le jour… Ce parcours, qui aurait pu demeurer seulement minier et régional, a au contraire donné naissance à une véritable aventure industrielle et commerciale, celle des Mines domaniales de Potasse d’Alsace (MDPA), constituées définitivement en 1937 selon une nationalisation avant la lettre, qui vont gérer l’ensemble de l’extraction en l’orientant vers les besoins de l’agriculture française ; celle de la Société Commerciale des Potasses d’Alsace (SCPA), le comptoir de vente né en 1920 qui, à l’aide de superbes affiches devenues des œuvres d’art et de la fameuse cigogne que redessinera Hansi va promouvoir les vertus du minerai rouge aux quatre coins des campagnes. A partir de 1967, cet ensemble d’activités sera fédéré par l’Entreprise minière et chimique, le groupe EMC, formé suite à la réunion avec l’Office national industriel de l’azote (ONIA), installé à Toulouse depuis 1924, le futur AZF actuel. Installé rue Jeanne d’Arc, dans le XIIIe arrondissement de Paris, le groupe EMC fédère des entreprises européennes aux identités variées : ce qui s’appelle désormais les Mines de potasse d’Alsace (MDPA) ; ce qui devient la Société commerciale des potasses et de l’azote (SCPA) ; la firme d’alimentation animale Sanders, créée en Belgique par Louis Sanders en 1920 et acquise en 1975 ; le groupe chimique du Limbourg belge Tessenderlo, qui s’engage avec succès dans la chimie de synthèse et la fabrication de plastique ; la société Tredi, spécialisée dans le domaine nouveau du traitement des déchets industriels spéciaux. Un destin commun rassemblé avec succès au sein d’un triangle stratégique potasse-chimie-alimentation animale.

L’envol des cigognes…. cette belle expression désigne l’émancipation des grandes sociétés formant le groupe EMC une fois l’exploitation des mines de potasse d‘Alsace en cours d’achèvement, au fil de la fermeture des puits, l’un après l’autre. Loin d’un panorama nostalgique, le récit de Félix Torres aborde toutes les dimensions d’une histoire riche et au long cours, entre Alsace et Limbourg notamment : stratégies industrielles et rebondissements commerciaux, dureté du travail de mineur et conflits sociaux, percées sur le marché français et au-delà des mers : Congo, Canada, Vietnam, océan Indien…. La potasse a ainsi fertilisé mille et un projets, mille et une aventures industrielles que L’envol des cigognes invite à découvrir et à méditer. Pour continuer à aller de l’avant et parce que la construction du futur ne saurait se passer de la mémoire.

 

Ce livre a obtenu le Top Com d’Or du livre d’entreprise 2000.

 

Le livre

En deux versions, relié avec jaquette et brochée, 24 cm x 30,5 cm, 400 pages, tirage : 10 000 exemplaires, préface de Jacques Marseille.

ISBN : 9-782226-111074

Un ouvrage issu de nombreuses recherches archivistiques, d’entretiens avec d’anciens responsables et anciens mineurs, et de visites sur les sites du Groupe, en France et en Belgique notamment.

 

Sommaire

Préface de Jacques Marseille

Introduction : De la potasse alsacienne à l’EMC, le sens d’une histoire qui s’achève

1. Un gisement en Alsace-Lorraine (1904-1918)

2. La potasse alsacienne, industrie nationale (1918-1930)

3. Dans la crise et dans la guerre (1931-1945)

4. Les belles années de l’expansion (1945-1960)

5. De nouveaux défis (1961-1967)

6. La création de l’EMC, Entreprise minière et chimique (1967-1970)

7. Forger un groupe (1970-1976)

8. Vers une nouvelle EMC (1977-1981)

9. L’axe potasse-chimie (1982-1992)

10. Un groupe et ses entreprises (1993 et au-delà)

Epilogue

 

L’histoire continue

« Fermer les yeux de la vieille [les mines] et marier les filles [les filiales] »… c’était l’expression imagée, en 1994, du président Bernard Pache lors de son arrivée à la tête du Groupe EMC. Si l’Entreprise minière et chimique a été officiellement dissoute à partir du 14 décembre 2005, les MDPA, également en cours de dissolution, continuent à gérer le plan social de reconversion, les activités de réhabilitation et de restauration du site. La SCPA a été reprise, en 2002, par la compagnie allemande Kali und Saltz, leader traditionnel du secteur. Tessenderlo Group continue pour sa part à l’échelle mondiale sa belle aventure de groupe de spécialité chimique. Sanders a formé en 1998 avec Glon le groupe Glon-Sanders, redevenu en 2003 le groupe Glon et dont Sofiprotéol a pris 60°% du capital en 2007, le n° 1 de l’alimentation animale en France, au sein duquel la fameuse marque Sanders au triangle au service des agriculteurs a été préservée. Tredi a rejoint en 2002 le groupe Séché Environnement, spécialiste de la valorisation et du traitement des déchets, créé en 1984 par Joël Séché.

 

Le devenir des mines de potasse et son histoire sur le site des MDPA =

http://www.mdpa.fr/

Le site du Centre historique minier de la potasse en Alsace =

http://www.carreau-rodolphe.com/centre-documentaire/index.htm

 

Tessenderlo Group, une histoire qui continue =

http://www.tessenderlo.com/tessenderlo_group/history/

 

L’histoire du groupe Glon sur son site

http://www.groupe-glon.com/le-groupe-glon/histoire

 

Les grandes dates de l’histoire de Séché Environnement sur son site

http://www.groupe-seche.com/FR/notre-histoire-au-service-de-l-environnement_8.html



CONTACT

(33) 1 60 75 85 61
51, rue du Maréchal de Lattre de Tassigny
91450 Soisy-sur-Seine
felixtorres@public-histoire.com


BHInternet - 2017