Le Journal

04/2013 - Jean-Louis Descours, Entreprendre à grands pas. Comment faire d’une PME une multinationale ?

Expériences et enseignements d’une vie d’entreprise.

 

Dans un livre réalisé avec Gabriel Milési, Jean-Louis Descours revient sur l’exceptionnel parcours qui a été le sien, déjà évoqué dans Les pieds sur terre (Albin Michel, 2002) et dans Imposes ta chance. Souvenirs et réflexions, publié chez Félix Torres Editeur en 2011. Preuve que, dans notre pays, qui goute moins que d’autres les récits et mémoires tirés de la vie des affaires, un grand patron, un chef d’entreprise qui réussit a beaucoup de choses à dire et donc à publier !

L’itinéraire de Jean-Louis Descours, issu d’une famille de passementiers de Sainte-Sigolène, sur les plateaux de la Haute-Loire, contrôleur des impôts entré chez André en 1947, est riche d’enseignements. Au cours des années 1960, il a su d’abord moderniser la célèbre enseigne du « chausseur sachant chausser »,  en épousant toutes les nouveaux outils et tendances venus d’Outre-Atlantique. Première grande intuition lors de la crise des années 1970, qui frappent durement la consommation et l’achat de chaussures. Jean-Louis Descours restructure et remodèle prématurément un outil industriel vieillissant, au profit de filières d’approvisionnement aux horizons toujours plus larges. Face à des concurrents trop sûrs de leur structure de production intégrée, il pourra aborder de façon très compétitive les années 1980. Et saisir toutes les nouvelles formules qui surgissent à cette époque : diversification avec les deux Halles discount aux Chaussures et aux Vêtements… – même si la première concurrence ses magasins de centre-ville André, véritable cas de management à méditer ! –, acquisitions avec Minelli, Kookaï, Caroll… La conquête de tous les marchés possibles donne naissance au groupe André, 15 000 salariés et près de 2 500 points de vente, l’un des seuls à résister à l’effondrement des prix qui balaye la plupart des acteurs français et mondiaux de la chaussure lors de la crise du début des années 1990. Qui s’en souvient ?

Jean-Louis Descours sera ensuite moins heureux, dans le choix de son successeur, dans les résultats comme dans la préservation du capital du groupe André, qui fera en 2000 l’objet du raid de deux fonds d’investissements deviendra le groupe Vivarte. Ce qui ne l’empêchera pas de rebondir avec succès avec le holding familial EPI, devenu autour de Weston, Bonpoint, Alain Figaret, Michel Perry, François Pinet, Piper-Heidsieck et le Château La Verrerie (Cotes du Lubéron), un ensemble de luxe, que dirige avec discrétion et doigté son petit-fils Christopher.

N’oublions pas, dans ce parcours exemplaire, l’action réformatrice qui fut celle Jean-Louis Descours au sein du CNPF, aux côtés de François Dalle et Antoine Riboud, autres grands patrons modernistes s’il en est, son combat aux côtés de Raymond Barre, l’« homme d’Etat » qui a sans doute manqué à la France pour réussir son entrée dans la mondialisation. Les grands entrepreneurs comme Jean-Louis Descours sont eux aussi des acteurs d’histoire et ils appartiennent à notre histoire.


Ajouté le 12/06/2013


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