Le Journal

02/2013 - « France : qu’as-tu fait de ton industrie ? »

Regarder en arrière pour mieux comprendre le devenir de l’industrie française.

L’année 2013 s’est ouverte par un accord entre partenaires sociaux sur la flexibilité, deux mois après la sortie du rapport de Louis Gallois[1] du 5 novembre 2012, Pacte  sur la compétitivité de l’industrie française. Abondamment commenté et partiellement mis en application, ce rapport soulève dans ses premières pages le « décrochage » de l’industrie française depuis plusieurs années, notamment lors de la dernière décennie, et ses « causes structurelles », une analyse qui renvoie aux sources, donc à l’histoire du recul français en la matière. Plans sociaux oblige, le débat sur la réindustrialisation de la France et le retour du « Made in France » dans une planète aux chaînes de valeur toujours plus mondialisées s’est poursuivi tout au long des deux premiers mois de 2013.

Avec notamment l’émission de Franz-Olivier Giesbert diffusée sur France 3 le 4 février sous le titre « France : qu’as-tu fait de ton industrie ? ». Commentée par des intervenants comme Louis Gallois, ancien président de Safran, de la SNCF et d’EADS et Louis Schweitzer, ancien président de Renault, l’émission n’hésitait pas à remonter loin en arrière, de la Belle Epoque, période faste pour notre industrie, de l’invention de l’automobile et de l‘avion aux années 1960, celles des « champions nationaux » voulus par le général de Gaulle. L’action et la stratégie industrielle résolues de Georges Pompidou, dont on retrouvera l’écho dans le livre de souvenirs Bernard Esambert, Une vie d’influence. Dans les coulisses de la Ve République (Flammarion, janvier 2013), auraient mérité d’être mieux soulignées.

L’histoire récente de l’industrie française, dont nous avons retracé quelques grandes pages (Alcatel Alsthom, France Télécom, L’Oréal, Lafarge, Schneider, SEB, SNCF…) mérite une analyse approfondie qui ne saurait se résumer, ni à l’opposition France-Allemagne, ni à la dualité entre grands groupes mondiaux du CAC 40 et PME hexagonales à la taille insuffisante, ni à un manque de spécialisation à la différence de nos voisins allemands. Elle relève plutôt, après le redressement de l’après-guerre et des « Trente Glorieuses » des conditions et des stratégies de son insertion à partir des années 1980 dans une économie toujours plus mondialisée. Un sujet de réflexion essentiel, sur lequel nous reviendrons plus longuement.



[1] Louis Gallois a préfacé l’un des ouvrages de Félix Torres, La passion du progrès. 30 ans de recherches à la SNCF, Paris, Imprimerie nationale, 1997.

 


Ajouté le 07/06/2013


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